Les liens invisibles
installation sonore pour 5 haut-parleurs
2013

exposition personnelle Il y a les nuages qui avancent, CIAP, Île-de-Vassivière, 2015

Les liens invisibles (The invisible links) – version avec sous-titres anglais
exposition Place is the Space, Contemporary Art Museum, St. Louis, USA, 2013 (cur. Dominic Molon)

 

Les heures creuses 


Les liens invisibles est une variation de l’oeuvre Proche, très proche, elle-même variation de Quant-à-soi.
Cette installation sonore pour cinq haut-parleurs se dévoile en deux temps parce qu’elle articule deux plans sonores distincts et reliés à distance de façon synchrone : des bruits puis une voix. Elle requiert une écoute mobile qui construit son propre mixage au gré d’un cheminement spatial et mental.
Dans la version en 2015 dans l’île de Vassivière, l’installation a pris place dans une tour.
Au premier niveau, quatre haut-parleurs sont fixés aux murs, faisant cercle autour de nous qui entrons dans la tour. Ces haut-parleurs produisent un écran sonore en diffusant une série de bruits, entrecoupés de longs silences, qui circulent d’un haut-parleur à l’autre et s’épanouissent dans la forte réverbération du lieu. Chacun de ces sons est une action produite sur des objets que l’on imagine en verre. Leurs apparitions et leurs mouvements obéissent à une logique qui nous échappe, une mécanique et une présence sculpturale mouvante et invisible. Par moments, des séquences plus longues de vibrations et d’ondes viennent emplir par bouffées le volume entier de la tour.
Tout en haut de cette tour, après avoir gravi l’immense escalier circulaire, nous pouvons découvrir un cinquième haut-parleur fixé sur la petite plateforme. Ce haut-parleur diffuse une voix, une voix restée dans un premier temps cachée. Sa découverte dépend de notre ascension et de notre écoute. C’est en arrivant en haut que l’on peut entendre, plus ou moins fortes et distinctes selon la distance, une série de phrases courtes, elles aussi entrecoupées de silences et qui sont diffusées de façon exactement synchrone aux bruits provenant des quatre haut-parleurs du bas. Bruits à présent perçus dans le lointain et accompagnés de leur réverbération.
C’est ce synchronisme qui a permis de cacher jusqu’ici la voix :
à chaque phrase correspond un bruit, à chaque bruit est associée une phrase – bruit et parole comme les deux faces d’une médaille, comme l’objet et son ombre, réunis au montage puis séparés et mis à distance par le dispositif de l’installation.
Lorsque cette voix apparaît, des liens se révèlent, un récit est possible : une femme nous parle, évoque des liens invisibles, des liens qui la relient à d’autres, personnes objets ou entités, et qu’elle a des difficultés à définir et à énoncer. Sa parole effilochée reste indéterminée et suspendue.
Une fois les deux plans sonores dévoilés, nous pouvons mentalement circuler entre les deux pôles, privilégier l’un ou l’autre (ou tous les degrés intermédiaires), déterminer proche et lointain, haut et bas, bruit et mots, et écouter leurs liens invisibles.

extrait

extrait

hiuhuu

hiuhuu

CIAP, Île-de-Vassivière, 2015 – photos Aurélien Mole


hhhhh


version avec sous-titres

Les liens invisibles (The invisible links). Dans cette version, l’installation a pris place sur les deux niveaux du musée : un rez-de-chaussée et une coursive.
Au rez-de-chaussée, les quatre haut-parleurs pour les bruits sont posés au sol, positionnés et orientés de façon irrégulière. À l’étage, après avoir gravi l’escalier, nous pouvons découvrir au bout de la coursive le cinquième haut-parleur pour la voix posé sur un socle.

Pour cette version exposée dans un pays non francophone, le son reste exactement le même, les paroles restent en français. Seul, un écran à l’écart et fixé au mur diffuse, de façon synchrone également, les sous-titres de la traduction écrite des paroles diffusées à quelques mètres. Traduction en anglais de Miles Hankin.
 

extrait

CAM, St. Louis, USA, 2013 – photos David Johnson


documents

cartes postales publiées par Transpalette, Emmetrop, Bourges, 2006


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à propos

– catalogue de la collection du FRAC Île-de-France, texte de Dominique Petitgand, Paris, 2020, fr./angl.
– article de presse La belle revue, juin, « Les silences éloquents de Dominique Petitgand » par Anne-Sophie Miclo, 2015
– article de presse poptronics.fr, juillet, « Dominique Petitgand ou l’exposition de l’écoute » par Majorie Micucci, 2015
entretien radiophonique Chronique radiophonique n°12, Réseau Art contemporain en Limousin, 2015
entretien avec Marianne Lanavère, inédit, préparation à l’exposition, CIAP Vassivière, 2015
présentation audio par Dominic Molon, CAM – St-Louis, 2013, angl.
– catalogue de l’exposition Place is the Space, texte de Dominic Molon, CAM – St-Louis, 2013, angl.

ffff