Le fil conducteur
installation sonore pour 11 haut-parleurs
2017

exposition personnelle Le fil conducteur, gb agency, Paris, 2017

 

Les heures creuses 


Le fil conducteur est une forme de censure. La censure d’un entretien que j’ai réalisé, il y a quelques années, avec une personne qui me parle, rit et me raconte des choses, certaines que je connaissais, d’autres que j’ignorais.
Paroles hachées et découpées au scalpel – au risque de l’inintelligible – desquelles j’ai effacé une grande partie des mots et des phrases (tout ce qui constitue l’essentiel d’un propos pour comprendre de quoi l’on parle). Chaque parole manquante remplacée au montage par des fréquences électriques, monolithiques et compactes, comme par marouflage, en rendant manifeste la trace de l’effacement.
Surnagent de ce naufrage : des lambeaux de phrases, un squelette de récits, de micros gestes vocaux, quelques pronoms, verbes et quelques indications concernant les heures.
J’ai choisi de diffuser ce montage en séparant et en répartissant les deux couches imbriquées dans l’espace entier de l’exposition. D’une part, en périphérie, ce qui reste de la voix, scindée, éparpillée, mobile, sur un ensemble de 7 haut-parleurs, blancs, fixés aux murs à différentes hauteurs. D’autre part, vers le centre, les fréquences électriques sur un ensemble de 4 haut-parleurs, noirs, massifs et posés au sol.
L’installation met en relation, en tension, en lutte, ces deux couches sonores, l’une centrifuge, l’autre centripète, qui se font face. Quelques silences, arbitrairement posés, permettent à la personne qui parle et à la personne qui écoute de reprendre souffle.

extrait

extrait

hiuhuu

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photos Aurélien Mole


fff

à propos

entretien avec Églantine Mercader, gb agency, Paris, 2017
– article de presse paris-art.com, déc., « Le fil conducteur », non signé, 2017

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