pour une création d’Hervé Birolini

Le pouvoir des pointes
textes
2015/2020

livret pour Tesla
performance live électronique du compositeur Hervé Birolini (direction artistique et musique)
en collaboration avec François Donato (musique)
avec la voix de Denis Rey
création 2021/2022
production : Compagnie Distorsions 
coproductions : Césaré–Centre National de Création Musicale de Reims, Arsenal Cité Musicale-Metz, Studio Eole-Toulouse
soutiens : DRAC Grand Est et Ville de Nancy 

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Les textes sont libres. Plutôt qu’un livret clef en mains, il s’agit davantage d’une proposition de matières de textes, de phrases,
et dont certains fragments sont choisis, dits par un comédien, enregistrés et mis en musique par les deux compositeurs.

extraits

[…]

en tête
comme en rêve
désatomisé
en circulation gigotante
je charrie et véhicule l’écoulement
je m’éparpille
sans pesanteur
je régis les contacts
et me libère du champs d’influence
claquemuré dans mon laboratoire
sous l’emprise du voltage
sans âge
ni usure
le futur
sous mes nerfs
à portée d’oreille
j’instruis, jette puis éructe les éclairs
un arc
deux arcs
un autre
j’additionne
je mélange
ce qui vient fracasse les fréquences
de la pointe Nord à la pointe Sud
rebondit en réciproque
tétanise l’alentour
et convoque le lointain sans mesure
vingt-quatre
trois cent soixante-dix-huit
j’auditionne le grand lointain
l’extrême
la trame extrême
en retombée plombante

[…]

L’électricité nous guette, la puissance nous sourit, quand l’énergie approche à petit feu. Le mécanisme se soumet au plus offrant, et l’action s’impose à distance, mais la convection ?

L’imitation ne ressemble pas à ma mère, l’attraction se sauve, et le mouvement s’initie au jeu. Quand la lumière s’entraîne, la matière pondérable ne sait plus, l’optique m’appelle, et l’indice de réfraction s’ignore.

Quand la lumière solaire s’excuse, l’atmosphère lui répond, et l’électrode enchaîne. De type tambour ou de type disque, c’est l’altitude des nuages qui s’enroulent, c’est la variation séculaire.

Si le magnétisme terrestre se décide à grands pas, la foudre s’accepte, et le paratonnerre plonge. La pile s’initie, la vapeur s’égare, sans l’illumination possible shuntée par le fil de grosse section. Mais l’élasticité rode.

La machine plie, et la perméabilité s’endort avec la lame fusible ou la recalescence, si possible, la condensation, toujours, le courant alternatif, oui, mais l’incandescence ?

Ce n’est pas la vitesse angulaire, ce n’est pas la pression au cylindre, mais l’interrupteur à verrou. Qui le pilon ou le transformateur exposent à leurs yeux, une inversion possible, condensée. Vient le siège de nœuds et de ventres.

Dynamo figée, voltmètre au carré, c’est le tour, la batterie, apériodique, oui. Une dérivation soudaine, la génératrice s’échappe et produit ce quelque chose induit, sinusoïde pernicieuse, aimantée, synchrone sans le savoir. C’est le magasin à poudre, qui me parle de son haut.

Le potentiel de nos vies, la haute tension probable, sans artifice, ni fluide. Une induction, ce que je pense de grand, pour moi, sans dérivation, ni court-circuit. Je veux dire, l’intensité, soumise à la bobine, promise au cadran, galvanisée.

Je reconnais les radiations impolies, la projection polaire, épanouie, le manchon, l’excitation, une prise de terre incertaine, au petit jour dispersée. Matière radiante, qui me contrarie.

Le courant continu blessé, s’alterne, à moitié disruptif, pense à se taire, puis se tait.

[…]


ggg

à propos

teaser vidéo, Compagnie Distorsions, 2022, fr./angl.
texte de Benjamin Bottemer, programme de salle Cité musicale-Arsenal, Metz, 2022
teaser vidéo d’une première étape de travail Step #1, Compagnie Distorsions, 2020, fr./angl.
dossier de présentation de la création, Compagnie Distorsions, 2020
– première improvisation, émission Machins/MachinesSupersonic, France Culture, 2016

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