Quelqu’un par terre
installation sonore pour 7 haut-parleurs
2005

exposition personnelle Un soulagement, La Compagnie, Marseille, 2009 (cur. Paul-Emmanuel Odin)
exposition personnelle Quelqu’un par terre, L’Arsenic, Lausanne, 2007 (cur. Marie Jeanson)
exposition personnelle Quelqu’un par terre, Transpalette-Emmetrop, Bourges, 2005 (cur. Jérôme Poret)

version pour 11 haut-parleurs
exposition personnelle, Quelqu’un par terre Nuit Blanche, église St Roch, Paris, 2009 (cur. Michel Brière – avec la collaboration de Kerwin Rolland, acousticien)

Quelqu’un par terre (Someone on the ground) – version avec sous-titres anglais
exposition Stutter, Level 2 gallery, Tate Modern, Londres, 2009 (cur. Vanessa Desclaux et Nicholas Cullinan)
exposition personnelle Quelqu’un par terre, gb agency, Paris, 2007

 

Les heures creuses 

Dans cette installation qui se déploie dans plusieurs espaces, des éclats d’une chaise métallique qui tombe cachent des éclats de voix.
Et nous devons nous déplacer pour écouter ces voix qui ne se font entendre puis comprendre qu’une fois franchis certains seuils. Dans notre oreille, se produit ce phénomène : un éclat métallique qui s’abat avec scansion sur le sol fait naître une suite de paroles. Et c’est notre déplacement qui nous fait découvrir l’un après l’autre les deux termes de ce binôme bruit/langage. Une mobilité qui nous laisse libres de choisir notre point d’écoute : d’un côté, de l’autre ou bien entre. Lorsque les voix nous apparaissent, un récit se fait jour, des liens se révèlent.
Pour accoler ensemble les deux éléments (phrases et bruits) je me suis servi du synchronisme et d’une forte ressemblance formelle. Chaque éclat est associé à une phrase de même durée, de découpes identiques : « ta-ta-ta-ta » = « quel-qu’un-par-terre », « ta-ta-ta » = « t’in-quiète-pas », « ta-ta-ta-ta-ta » = « tout-est-ou-bli-é », créant une succession de séquences à deux faces.
Dans le premier espace de l’église, huit haut-parleurs à l’entrée puis près de l’autel, diffusent en diagonale les éclats métalliques dans la résonance de la nef. Dans la dernière étape du parcours, la chapelle terminale, espace réduit et feutré, un haut-parleur sur socle diffuse les voix. Un dualisme se fait jour qui concerne la relation que nous entretenons avec ce que nous percevons : d’un côté (dans la nef), un champ sonore que l’on peut traverser, de l’autre (dans la chapelle), un point localisé duquel nous pouvons nous éloigner ou nous approcher. La forte résonance du premier espace produit un écho, doublon sonore qui prolonge chaque éclat de chaise et qui sonne dans le silence. C’est ce que nous continuons d’entendre une fois que nous nous éloignons de ce champ. Et lorsque nous nous  approchons des voix, cet écho, par le jeu du synchronisme, devient l’écho des phrases, associé à elles comme une ombre. L’installation met en scène un troisième son, situé dans un espace intermédiaire : le vent qui se faufile, passe sous les portes et fait chanter l’architecture. À la différence des deux autres, ce son est continu, il fluctue et s’insinue.
Un des résumés possibles de Quelqu’un par terre : une chaise qui parle, des phrases qui tombent, le vent qui chante.


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Nuit Blanche, église St Roch, Paris, 2009 – photos Julien Crépieux



Dans cette version, les quatre haut-parleurs pour les éclats métalliques dessinent, dans un premier grand espace résonant, un plan incliné qui accompagne leur gravité. Les voix sont diffusées en haut d’une mezzanine, transformée en un espace protégé à l’acoustique feutré. Le vent est diffusé depuis des coulisses cachées à la vue.
 

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La Compagnie, Marseille, 2009 – photos D.P.po, La Compagnie, Marseille, 2009 – photos D.P


L’installation, ici, prend place dans un ancien abri anti-atomique, un réseau de neuf espaces souterrains, très résonants, en enfilade et reliés les uns aux autres par une seule ouverture.
Les éclats métalliques rebondissent d’un mur à l’autre et balisent la déambulation jusqu’aux voix cachées. Seul, le dernier espace, qui accueille ces voix, et qui est la butée du parcours, est plongé dans le noir et feutré (isolation phonique).

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L’Arsenic, Lausanne, 2007 – photos D.P.Lausanne, 2007 – photos D.P.exposition personnelle, L’Arsenic, Lausanne, 2007 – photos D.P.



Dans cette première version de l’installation, Quelqu’un par terre occupe un bâtiment dans son entier, sur trois niveaux ouverts les uns aux autres (deuxième et troisième niveaux en coursive). Au rez-de-chaussée, espace très réverbéré, quatre haut-parleurs fixés aux murs pour les éclats de chaise.  Au deuxième niveau, dans une pièce sur le côté, un haut-parleur caché : le vent qui serpente dans tout le bâtiment. Au troisième niveau, espace feutré, un haut-parleur posé sur socle pour les voix. Les voix se font entendre indistinctement et petit à petit lors de l’ascension de l’escalier, et deviennent enfin claires, distinctes et complètes une fois tout à fait en haut.
 

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Transpalette, Emmetrop, Bourges, 2005 – photos D.P.


version avec sous-titres

Quelqu’un par terre (Someone on the ground) se compose de trois parties sonores, liées secrètement entre elles (un son qui en cache un autre) et diffusées dans trois espaces contigus. Dans cette version avec traduction, un quatrième espace est symboliquement constitué par un écran fixé sur un côté.
L’installation occupe tous les espaces de l’exposition collective, une cohabitation rendue possible par le silence des autres œuvres.
Première couche de l’œuvre : aux murs du sas d’entrée, deux haut-parleurs fixés près du sol fait entendre le son du vent. Deuxième couche : fixés en hauteur aux murs de l’espace principal, quatre haut-parleurs diffusent les éclats métalliques dans toute la résonance du l’exposition. Troisième couche, intermédiaire : sur un côté, un écran fixé à hauteur de regard diffuse les sous-titres en langue anglaise.
Dernière couche : dans un espace plus restreint et ouvert sur l’extérieur, un haut-parleur sur socle fait enfin apparaître les voix (en français).
Traduction en anglais de Miles Hankin.

Level 2 gallery, Tate Modern, Londres, 2009 – photos D.P.


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version avec sous-titres

Dans cette version avec traduction, l’espace a été découpé en quatre parties : un premier espace très résonant pour les éclats métalliques, un espace intermédiaire pour les sous-titres de la traduction (sur un écran fixé au mur), une petite salle plongée dans l’obscurité à l’acoustique feutrée pour les voix, et un espace en coulisses (les bureaux, pour le vent caché au lointain).

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gb agency, Paris, 2007- photos D.P.


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à propos

Revue Volume n°1, « Someone on the ground » par Anne-Lou Vicente et Dominique Petitgand, 2010, fr./angl.
entretien avec Vanessa Desclaux in livre Installations (documents), 2009, fr./angl.

– essai « La douceur traumatique des voix » par Paul-Emmanuel Odin, La Compagnie, Marseille, 2009
– guide de l’exposition Un soulagement, entretien avec Ophélie Koch, La Compagnie, Marseille, 2009
article de presse Le courrier, avril, « Le scénario sonore de D. Petitgand » par Jonas Pulver, 2007
– article de presse artforum.com, déc., « Dominique Petitgand » par Kim West, New York, 2006, angl.
– essai « Le bruiter et le parler » par Paul-Emmanuel Odin, La Compagnie, Marseille, 2006
article de presse Lapiz n°229, jan., « Quelqu’un par terre » par Manuel Cirauqui, Madrid, 2006, esp.
– article de presse paris-art.com, déc., « Quelqu’un par terre » par Aurore Bonneau, 2006
entretien avec Jérôme Poret, communiqué de presse de l’exposition Quelqu’un par terre, Transpalette, Bourges, 2005

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